Violences et vandalisme à Paris

Je condamne fermement les violences et le vandalisme causés par des bandes organisées dans les quartiers du Trocadéro et des Champs-Élysées à Paris et exprime ma solidarité aux victimes. Et cela d'autant plus que c'est une fête populaire en l'honneur du nouveau champion de France de Football qui a été empêchée et gâchée.
Mais l’écœurement est profond face à l'exploitation politicienne par la droite de ces violences. Sans même prendre la peine de condamner les auteurs de ces actes ni même eu un mot pour les victimes, la droite s’est jetée avec délectation dans une récupération politicienne indigne dont elle a pris désormais l’habitude.
La droite n’a aucune leçon à donner aux socialistes en matière de sécurité. Elle est, depuis des mois, dans une ambiguïté inacceptable vis-à -vis des groupes violents qui avaient quartier libre dans ses manifestations contre le mariage pour tous. À l'irresponsabilité de plus en plus désolante de l'UMP, nous opposons notre défense ferme de la République et notre détermination à continuer à travailler pour l'intérêt général.
Condamnation ferme des propos nauséabonds et racistes tenus sur Twitter par le député UMP du Var, Jean-Sébastien Vialatte.

Le premier tweet contre le ministre de l'Intérieur: « Valls le chimique en panne de gaz !» fait référence au cousin de Saddam Hussein, Ali le chimique condamné à mort pour le massacres des Kurdes irakiens en 1988. Le second dit que « les casseurs sont sûrement des descendants d’esclaves ils ont des excuses. #Taubira va leur donner une compensation ! ».
Ces propos sont inadmissibles. Ils révèlent l'extrémisation d'une certaine droite égarée et perdant tout repère, et sa volonté de remettre en cause le vivre-ensemble au sein de notre société.
Ces dérapages racistes sont une honte pour un député de la République et pour un parti qui se dit républicain comme l'UMP. Le Parti socialiste demande à l’UMP qu’une sanction sévère soit prononcée contre M. Vialatte.
Pour le respect des principes de séparation des pouvoirs et d'indépendance de la justice
Le 22 mars dernier, le député UMP Henri Guaino a mis en cause la mise en examen de Nicolas Sarkozy décidée par trois juges d'instruction. En affirmant que le juge Gentil avait « déshonoré un homme, [...] les institutions, et [...] la justice », il stigmatisait un magistrat, l'institution judiciaire et l'indépendance de la justice.
Ces propos d'une extrême gravité ont suscité de vives protestations. Malgré ces réactions salutaires venues de toutes parts et l'ouverture d'une enquête préliminaire pour délit d'outrage à magistrat, 105 députés UMP ont co-signé un courrier de pression adressé au procureur de Paris pour soutenir M. Guaino, reprendre ses déclarations à leur compte et mettre au défi la justice de les en tenir solidairement responsables.

Par son contenu autant que par ses signataires, cette lettre fait froid dans le dos : l'UMP a gouverné le pays pendant dix ans. Elle confirme le mépris des juges entretenu par le parti de l'ancien chef de l'État qui, lors de son quinquennat, avait comparé les magistrats à des "petits pois". Elle est une véritable injonction de certains législateurs en direction de l'autorité judiciaire, au mépris du principe constitutionnel de séparation des pouvoirs consacré par l'article 16 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.
Fille des Lumières, la séparation des pouvoirs est nécessaire au fonctionnement équilibré et démocratique des institutions dans un Etat de droit : « pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir » (Montesquieu). Cette séparation des pouvoirs est la condition indispensable et irremplaçable d'une justice indépendante, égale pour tous et garante des libertés individuelles.
C'est cette indépendance de la justice que le président de la République et la majorité entendent renforcer et garantir dans le cadre de la République exemplaire. Dès septembre 2012, les instructions individuelles ont pris fin. Très prochainement, le Parlement examinera le projet de loi précisant les modalités des relations entre la Chancellerie et les parquets, ainsi que les projets de réformes constitutionnelles du Conseil Supérieur de la Magistrature, de suppression de la Cour de Justice de la République et d'aménagement du statut judiciaire du chef de l'Etat.
En ignorant délibérément les recours légaux dont ils disposent, en refusant de répondre à la convocation de la police et en attaquant publiquement ces procédures dans les médias, Henri Guaino et une partie de l'UMP cherchent à entraver le bon fonctionnement de la justice et entretiennent la défiance envers nos institutions, ce qui n'est pas sans rappeler la tradition la plus populiste de la droite la moins républicaine. A cet égard la référence à l'affaire Dreyfus utilisée pour soulever la question de la responsabilité des juges est particulièrement indécente.
En remettant en cause la décision du juge Gentil contre un ancien président de la République, ils démontrent une fois de plus leur conception d'une justice à deux vitesses. En écrivant directement et publiquement au Procureur de Paris, ils dévoilent leur vision de la justice : une justice aux ordres.
Dans ce contexte, je demande solennellement à l'UMP et à ses parlementaires de cesser ces injonctions à l'égard de l'autorité judiciaire, afin d'une part de préserver le fonctionnement démocratique de nos institutions, et d'autre part de permettre à la justice d'instruire sereinement les procédures concernant Nicolas Sarkozy et Henri Guaino.
Avec le Parti socialiste, je soutiens le Président de la République et le gouvernement dans leurs actions visant à renforcer et garantir l'indépendance de la justice, pour une justice garante des libertés individuelles et égale pour tous, que l'on soit simple citoyen, parlementaire ou ancien président de la République.
Pour gagner la bataille contre les paradis fiscaux, je soutiens la transparence totale des flux financiers
Alors qu’il y a seulement quatre ans l’ancien président de la République affirmait que les paradis fiscaux c’était fini, jamais l’évasion fiscale vers les paradis fiscaux n’a été aussi forte dans le monde qu’aujourd’hui. C’est une réponse politique de grande ampleur qui est désormais lancée pour combattre ce fléau qui met à mal la souveraineté des Etats face la mondialisation sauvage. L’évasion fiscale qui consiste à exploiter les spécificités des régimes fiscaux nationaux s’appuie sur l’opacité des procédés liée au secret bancaire ou juridique et l’hétérogénéité des réglementations.
 Concernant la bataille contre l’évasion fiscale des particuliers, des pas de géant sont actuellement accomplis par le conseil des ministres des Finances de l’Union avec la « directive épargne ». A cet égard, les atermoiements des gouvernements autrichien et luxembourgeois, qui conditionnent leur acceptation d’une plus grande transparence et d’une meilleure coordination à la renégociation des accords fiscaux avec les pays tiers, sont inacceptables. Le sujet sera à l’ordre du jour du prochain Conseil européen.
L’autre grande bataille à mener vise les mécanismes qui permettent aux grandes entreprises de ne pas payer l’impôt sur les sociétés dans le pays où elles le doivent. L’impact annuel sur les finances publiques françaises de l’évasion fiscale des entreprises peut être évalué de 20 à 30 milliards d’euros. En 2010, la Barbade, les Bermudes et les Iles Vierges Britanniques ont reçu plus d’investissements étrangers que l’Allemagne ou le Japon. Les 50 plus grandes entreprises européennes possèdent un cinquième de leurs filiales dans des paradis fiscaux. Et le quart des filiales des banques européennes est dans des paradis fiscaux.
L’arsenal juridique français est déjà important contre les manipulations intragroupe ; l’interposition de structures avec des sociétés holdings, des sociétés écrans… Il va être renforcé par la proposition de loi sur la transparence financière et contre l’évasion fiscale présentée en conseil des ministres le 24 avril, qui crée un parquet financier.
Mais il manque encore une coopération internationale permettant la transparence maximale : nous réclamons une transparence totale de la part des entreprises sur les informations concernant leurs filiales. La majorité et le gouvernement ont déjà voté la transparence obligatoire pour les banques dans la loi de régulation bancaire. Nous demandons également un « FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act) européen » qui permettrait, comme ce que les Etats-Unis sont en train de mettre en place, l’échange automatique d’informations sur les entreprises qui déplacent leurs bénéfices dans des entités pour échapper à l’impôt. Nous soutenons la démarche du 9 avril 2013, par laquelle les ministres des Finances allemand, espagnol, français, italien et britannique ont plaidé auprès de la Commission européenne pour un Fatca européen.
Au delà , de nombreux mesures peuvent être prises dans le futur pour renforcer la lutte contre l’évasion vers les paradis fiscaux des grands groupes internationaux :
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refuser les avantages fiscaux aux transactions dépourvues de substance économique ;
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revoir la liste des Etats non coopératifs et prendre des mesures communes de rétorsion contre les ETNC ;
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revoir le délit de fraude fiscale en rendant sa sanction plus dissuasive et plus simple à mettre en œuvre
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harmoniser le droit pénal de l’évasion fiscale dans l’UE ;
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imposer aux groupes de transmettre au fisc une comptabilité pays par pays ;
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introduire l’objectif de bonne gouvernance fiscale dans tous les textes, nationaux et internationaux ;
Je soutiendrai tout renforcement juridique français et européen et toute coopération internationale renforcée qui permettra de renforcer la transparence de la finance et des comportements condamnables.
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