Madame Françoise Verdier, fille de François Verdier
Monsieur Alain Verdier, petit fils de François Verdier,
Messieurs Yann et Mathieu Verdier, arrières petits-fils de François Verdier
Mesdames et Messieurs les représentants de l'Association du mémorial François Verdier Libération Sud,
Chers Collégiens du Collège du Bois de la Barthe de Pibrac,
Monsieur Vincent Denis, principal du Collège,
Mesdames et Messieurs,
C'est avec un mélange de fierté, de gravité et, je dois l'avouer, d'anxiété, que je prends la parole devant vous aujourd'hui.
Dans cette forêt de Bouconne planent à la fois le souvenir d'un homme d'exception et la reconnaissance de nombreuses personnalités qui se sont succédées à ce pupitre pour évoquer son parcours et sa mémoire.
C'est donc avec humilité et sous le prisme de ma sensibilité que j'évoquerai ce que « Forain » représente pour moi, en me refusant à me lancer dans une grande présentation historique ou personnelle, exercice ô combien périlleux et ô combien réussi par mes prédécesseurs...
Pour moi qui n'ai pas connu la Guerre, qui n'ai pas non plus connu la reconstruction, ce que représentent la vie et la mémoire de François Verdier ce sont deux symboles et trois enseignements.
Le premier de ces symboles, c'est l'assemblée que nous formons aujourd'hui.
Soixante-six années après la mort tragique d'un homme, nous sommes nombreux à nous retrouver en ces lieux pour nous rassembler autour de sa mémoire.
Bien que son destin et ses qualités soient hors-normes, qu'est-ce qui peut bien motiver des femmes et des hommes à se retrouver chaque année pour commémorer ce qui constitue également un exemple criant de ce que l'atrocité humaine peut produire de plus abject?
Ce qui nous pousse à nous retrouver, c'est la mémoire.
J'emploierai ici le terme de « besoin de mémoire », plus que de « devoir », afin de souligner le rapport quasi-existentiel que l'Homme doit entretenir avec son Histoire dans le but de mieux appréhender le présent et de bien préparer l'Avenir.
Aujourd'hui, en ce lieu, nous sommes donc rassemblés pour ne pas oublier.
Ne pas oublier mais également transmettre ce message aux générations futures.
Jeunes filles, jeunes gens du collège de Pibrac, citoyens en devenir, n'oubliez pas que l'Homme est complexe, qu'il est multiple, qu'il est capable d'alterner le Bien et le Mal avec une fréquence que l'entendement le plus aiguisé peinera toujours à comprendre...
N'oubliez pas que la sécurité relative de notre Monde occidental actuel a été précédée des plus abominables monstruosités.
Au fur et à mesure de la disparition inéluctable des derniers témoins de ces évènements – qu'il s'agisse de la Première ou de la Seconde Guerre Mondiale- il est important que des Femmes et des Hommes qui croient en l'Humanité sensibilisent les générations futures à ce « besoin de mémoire » que j'évoquais, unique moyen pour assurer demain cette paix et cette raison qui, hier, nous ont tant fait défaut...
La présence active des élèves du Collègeme sembleêtrefondamentale.
Chers collégiens, chères collégiennes, c'est pour vous, et pas seulement pour nous, que ce type de cérémonie existe et doit continuer d'exister.
L'éloignement temporel avec des faits ne doit pas amoindrir votre conscience de l'horreur qu'ils ont pu représenter et ne doit pas vous empêcher d'en tirer tous les enseignements pour vous opposer à toutes les petites dérives humaines qui parfois s'additionnent pour, in fine, déboucher sur des abominations.
Le second symbole que m'évoque cette cérémonie, c'est cette étonnante facilité avec laquelle François Verdier a décidé et assumé ses choix, plus exactement ses « non-choix » tant il a semblé arpenter le chemin de son existence en suivant naturellement ce que son cœur et son âme lui dictaient...
Amoureux de sa région, amoureux de la Vie, jouisseur même pour certains, il va de la même manière se découvrir amoureux de la Liberté, amoureux de la République, amoureux des Hommes.
Son engagement en cette direction semble véritablement couler de source...
Ligue des Droits de l'Homme, Parti Radical, Franc Maçonnerie, François Verdier ne semble pas nourrir une ambition particulière en réalisant ce parcours.
Il avance en Homme libre, en Homme debout qui ne fait qu'afficher ce en quoi il croit.
Ce parcours affiché sans souci du « qu'en dira-t-on » semble coller avec ce ver de René Char, grand résistant, immense poète et humaniste sincère : « Va vers ton risque, serre ton bonheur, impose ta chance. A te regarder, ils s'habitueront ».
Il avance François Verdier, il croque la vie à pleines dents et affiche ses convictions sans se cacher.
Alors, quand le moment arrivera de défendre concrètement, physiquement, et, hélas, dramatiquement, ses idéaux, il ne tergiversera pas. Il agira.
Il le fera quand la République Espagnole sera menacée par Franco et ses sbires, il le fera quand sa République, la République Française, sera envahie par les nazis.
François Verdier, Forain, c'est l'archétype du héros qui ne veut pas faire de sa vie un roman.
C'est un Homme de son temps, de son âge, simple, libre je le disais.
C'est un Homme qui sait, lorsque ses fondamentaux sont attaqués, qu'il faut se lever pour dire « non » et qu'il faut tout tenter pour que les valeurs qu'il défend reprennent leur place.
Mais cet héroïsme naturel fut loin d'être la norme durant cette période.
D'une manière générale, la guerre est un portrait à gros traits de l'Humanité dans toute sa diversité, dans toutes ses réactions, allant du vice à la vertu, de la lâcheté au courage. Pour autant, une question demeure.
Qu'est-ce qui détermine le positionnement des individus? D'où nait le courage? Où se cache la lâcheté? Certains facteurs vont-ils surdéterminer la réaction des uns ou des autres?
Avec François Verdier, les choses coulent d'elles-mêmes...
Pourquoi collaborer avec ceux qui veulent vous priver de la Liberté quand la Liberté est une valeur qui guide vos actes?
Pourquoi accepter de mettre fin à la République quand la République est pour vous un marqueur élémentaire de l'identité nationale?
Pourquoi accepter de laisser la part la plus sombre de l'Humanité l'emporter lorsque l'on défend les Lumières de la raison et de la Fraternité?
Mais pour un François Verdier, combien d'autres vont mettre de côté leurs convictions?
Combien d'autres, par crainte la plupart du temps, vont adopter une attitude attentiste?
Souvent, lorsque je me trouve dans une assemblée commémorant le courage d'une personne qui a choisi de résister, je m'interroge... « Combien d'entre nous, dans cette assemblée, auraient choisi le courage? Et combien la lâcheté? Combien auraient opté pour ne rien faire? Et pourquoi? »...
Le symbole « François Verdier », c'est donc le respect des convictions jusqu'au bout, parce que l'on ne peut chasser ce qui est constitutif de son « moi » le plus profond.
Pour conclure sur ce sujet et pour illustrer mon propos, j'évoquerai une interrogation qui m'est venue en pensant aux souffrances que Forain a du subir.
En tant que Franc-maçon, en tant qu'Humaniste, quelle vision a-t-il eu de ses bourreaux, quelles déceptions ont pu lui traverser l'esprit lorsqu'il a été confronté pendant de longues semaines à cette barbarie ?
A-t-il abandonné son Amour de l'Humanité ?
Pour moi, sa fin tragique est une réponse.
Il n'a rien lâché. Jusqu'au bout, il n'aura renoncé à rien.
Son refus de dénoncer, de trahir prouve qu'il aura cru que ses valeurs étaient plus fortes que ce qu'on lui infligeait.
Jusqu'au bout, il aura accordé plus de poids au bien Humain qu'au mal Humain.
Jusqu'au bout, il aura prouvé que Liberté, République et Humanisme ne sont pas de vains mots.
Liberté, République, Humanisme, trois enseignements de François Verdier, trois valeurs qui ont guidé sa vie et doivent guider celles et ceux qui se reconnaissent en lui.
Premier enseignement, la lutte pour la Liberté.
La Liberté n'est pas qu'un bout de devise gravée sur le frontispice des institutions.
La Liberté, c'est un legs que nos ancêtres, à force de courage et de combat, nous ont transmis en la forme stable que nous connaissons aujourd'hui.
Pour autant, elle se doit d'être respectée et entretenue.
La construction européenne, ne l'oublions pas, a notamment été basée sur la capacité des nations qui s'étaient outrageusement combattues à s'entendre pour sortir collectivement de cette spirale infernale dans laquelle elles semblaient se complaire...
Or, cette liberté si chèrement acquise en Europe est loin d'être partagée dans le reste du Monde.
Alors, sans pousser outre mesure le droit d'ingérence qui peut rapidement verser dans le Choc des Civilisations, nous devons entendre le message de François Verdier et de ses compagnons pour toujours oeuvrer en faveur de la liberté quand celle-ci est attaquée.
Second enseignement, la défense de la République.
La République est là aussi une valeur qui se doit d'être étendue. Elle ne sera immuable que si nous prenons toussoin d'elle...
La paix n'empêche d'ailleurs pas celle-ci d'être attaquée et la vie politique et philosophique de François Verdier avant la guerre nous montre que c'est avec constance qu'il faut s'engager pour elle...
Le respect des piliers qui la composent, notamment la laïcité et l'école publique, doit se retrouver chez toutes celles et tous ceux qui croient en elle.
Comme la Liberté, la République semble aujourd'hui être devenue un acquis immuable dans notre pays. Bien sur.
Mais n'oublions jamais que cette République n'est qu'un compromis.
N'oublions jamais que la République a des ennemis qui, en son sein, préféreraient voir le communautarisme, l'individualisme, prendre le pas sur les valeurs qui sont aujourd'hui les siennes.
Ce consensus national pour poursuivre l'avancée de la France vers le progrès fut d'ailleurs scellé dans le programme du Conseil National de la Résistance.
Ce programme, testament politique et social de François Verdier et de ces compagnons a servi de base pour la reconstruction de notre pays.
Hélas, il semble parfois oublié par certains, et cet oubli a et aura des conséquences fortes sur l'avenir de notre société...
Évoquons enfin le troisième enseignement, la pratique de l'Humanisme...
De nos jours, tout le monde se dit « Humaniste », même les hommes qui ne maitrisent absolument pas ce que cette valeur implique comme engagement et comme volonté.
Cette notion, dans une période qui se révèle bien trouble pour les Idées et les convictions, est galvaudée.
L'Humanisme, François Verdier, par sa vie, par son destin tragique nous a pourtant bien éclairés sur le sujet.
Au travers de son parcours, on se rend compte que sa définition de l'Humanisme était sans aucune concession.
Être Humaniste, c'est avant tout être conscient d'une réalité consubstantielle à tous les Hommes, celle de la finitude de la vie.
La vie a une fin, c'est même ce qui la définit, et tous les humains ont conscience de celle-ci.
Pour les Humanistes, cette forme d'égalité devant la fin de la vie est primordiale, car elle implique de fait, pour chaque être humain, des questions qui deviennent obsédantes dès leur plus jeune âge : « Pourquoi la mort? », « Pourquoi la souffrance? » et, par extension, « Pourquoi l'injustice? », « Quel sens à cette vie? », « Y-a-t-il un après? »...
Mais être Humaniste, Forain nous l'a bien montré, ce n'est pas pour autant tout accepter.
Être Humaniste, ce n'est pas rester béat devant la bêtise humaine...
Pour un Humaniste, respecter l'Humain, c'est refuser la bassesse, la petitesse, le mépris, la jalousie, la médiocrité, bref cette multitude de petits dégoûts qui souvent nous accompagnent au cours de l'existence.
Être Humaniste, c'est être tout le contraire.
Être Humaniste, c'est avant tout accepter de se regarder tel que l'on est et non pas tel que l'on s'imagine être.
C'est le fameux « Connais-toi toi-même » que fait dire Platon à Socrate.
Être Humaniste, c'est se dire que le chemin vers la rectitude, intellectuelle, morale, n'est pas chose aisée mais ne peut s'acquérir que par une démarche initiatique qui dure toute une existence.
Être Humaniste, c'est refuser que l'être humain, son Frère, ne sombre dans cette bassesse si facile mais hélas si confortable.
Être Humaniste, c'est à la fois être humble vis à vis de soi et ambitieux pour les autres.
Forain a toujours respecté cette définition. Il a travaillé sur lui-même. Il a appris à se connaître tel qu'il était, à connaître ses défauts, à connaître ses failles, à connaître ses limites.
Il a avancé.
Il a compris que la vie était là pour tailler ce morceau de pierre brute qu'est chaque être humain, afin de le polir, afin de le rendre meilleur.
Il a compris que tous les Hommes ne partageaient pas cette vision.
Il a compris qu'il devrait se battre pour espérer voir le Monde poursuivre son chemin vers une Humanité meilleure et plus éclairée.
Il a compris enfin qu'il y laisserait la vie mais que l'Humanisme continuerait de vivre grâce à son sacrifice et à celui de ces Frères d'armes et de conviction...
Nous devons tous nous en souvenir puisque lui s'est rappelé de chacun, pendant ces semaines de torture, pour n'en livrer aucun...
Il était un résistant, il est devenu un symbole.
Son combat s'est déroulé il y a soixante six ans, mais ses convictions, sa vision du Monde et même ses craintes demeurent toujours d'une criante actualité.
Aussi, je terminerai comme j'ai commencé, en me tournant vers vous les Citoyens de demain.
Gardez toujours une place dans votre coeur pour François Verdier, gardez toujours un peu de ce Forain si lointain pour nourrir vos indignations de demain.
Il vous guidera d'une manière saine et forte, comme il a pu guider mon esprit dès que j'ai eu l'occasion de rencontrer le sien.
Alors, Chers Collégiens, je terminerai mon propos en vous exhortant à croire en l'avenir, comme François Verdier a pu y croire...
Comme le disait Edmond Rostand, « C'est la nuit qu'il est beau de croire à la Lumière ».
Forain a cru à la Lumière. Il y a cru au cœur de la nuit, jusqu'à y sacrifier sa vie.
J'ai donc confiance, nous avons tous confiance, en vous pour que jamais la nuit ne revienne hanter l'Humanité.
C'est à vous d'écrire les pages de demain, il est donc temps pour moi de vous laisser la parole...
L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a été relaxé ce matin de l’ensemble des chefs d’accusation par le Tribunal Correctionnel de Paris, les autres prévenus étant, à l’exception du journaliste Denis Robert, sévèrement condamnés.
Catherine LEMORTON prend acte de cette décision qui délivre aujourd’hui une vérité judiciaire.
On ne peut se départir, à cette annonce, d’une certaine impression de malaise. Malaise devant la nature de l’affaire et les zones d’ombre qu’elle a révélées, mais surtout devant le spectacle de règlement de comptes d’une violence exceptionnelle qui s’est déroulé sous les yeux des Français, entre un ancien Premier Ministre et l’actuel Président de la République.
Le pouvoir ne sort pas grandi de ce procès. Espérons que cette décision lui permettra de retrouver la sérénité nécessaire au travail gouvernemental au service des Français.
Nicolas Sarkozy aussi avait promis le droit à la retraite à 60 ans
Plusieurs ministres et membres de l’UMP ont affirmé qu’il serait « indigne » et « irresponsable » de défendre l’âge légal de la retraite à 60 ans.
Ils ont sans doute oublié que le candidat Nicolas Sarkozy avait promis, dans ses engagements de campagne, que « le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer » (Le Monde, 22 janvier 2007), et qu’il a réitéré cette promesse le 27 mai 2008 sur RTL.
Était-il alors « indigne » et « irresponsable » de défendre le droit à la retraite à 60 ans comme le font aujourd’hui le Parti socialiste et Martine Aubry ?
Pourquoi, dans ces conditions, cette fausse polémique ? Peut-être parce que le gouvernement s’apprête à renier ses engagements et veut faire porter la responsabilité sur d’autres.
Chiffres du chômage : la réalité derrière un chiffre
Le gouvernement et le Président de la République affiche une autosatisfaction surprenante après la publication des chiffres du chômage pour décembre 2009. En réalité, en décembre, on dénombre une augmentation de + 8600 demandeurs d’emploi pour les catégories A, B et C.
Si le chiffre de la seule catégorie A est en apparente amélioration, c’est uniquement parce que les salariés en contrat de transition professionnel (CTP) ou en convention de reclassement personnalisée (CRP), après un licenciement économique, ne sont pas décomptés comme demandeurs d’emploi mais comme « stagiaires de la formation professionnelle ». Avec un tel mode de calcul, plus on a de licenciés économiques, moins on a de chômeurs !
S’il y avait une amélioration de la situation économique, elle se traduirait forcément par une augmentation des offres d’emploi. Or, d’après les chiffres publiés par Pôle emploi, au contraire, au mois de décembre, les offres d’emploi ont diminué de 4 %.
Bien que de nombreux analystes estiment que le chômage continuera d’augmenter en 2010, le gouvernement et le Président de la République restent passifs et semblent être déconnectés de la réalité que vivent les Français. La réalité de la France aujourd’hui, c’est un million de chômeurs en fin de droits en 2010 et un Président de la République qui refuse de leur donner tout aide supplémentaire. La réalité aujourd’hui, ce sont des sites qui ferment, comme chez Total, alors que l’entreprise fait des bénéfices, sans que le gouvernement réagisse.
Tous les spécialistes prévoient une aggravation du chômage en 2010, avec un taux de chômage qui pourrait atteindre 11%. Seul le gouvernement semble ignorer cette réalité.
Aujourd’hui, et dans l’urgence, Catherine LEMORTON demande au gouvernement de prendre enfin en compte la situation du million de demandeurs en fin de droits en 2010, qui sont les premières victimes de la crise.
Communiqué de Jean-Marc Ayrault, Président du groupe socialiste, radical et citoyen à l'Assemblée nationale
Le combat de boue de l'UMP
Les gens de l'UMP se croient propriétaires de la République et de l'Etat. Ils calomnient, ils menacent, ils couvrent de boue tous ceux qui leur résistent.
Entendre le ministre de la police menacer l'opposition des tribunaux, parce qu'elle dit des choses qui ne lui plaisent pas, ça n'existe que dans les régimes autoritaires
Ne leur en déplaise, nous persistons et signons. Oui le gouvernement est en train de ruiner les communes, les départements et les régions. Oui il est en train de leur faire payer sa propre gabegie. Oui il est en train de défaire la décentralisation. Monsieur Sarkozy veut qu'il n'y ait plus rien entre lui et le peuple.
Quelque que soient les menaces ou les vieilles machinations de ses amis, nous continuerons de dire notre vérité aux Français.
Nous n'avons pas de leçons à recevoir d'un parti qui fait du Président de la République un collecteur de fonds pour ses campagnes électorales. Nous n'avons pas de leçons à entendre d'un parti qui fait cumuler son poste de trésorier avec celui du ministre de budget de la République.
L'UMP veut entraîner la campagne des élections régionales dans un combat de boue.
C'est elle et elle seule qui en subira les éclaboussures.
Michèle Alliot-Marie reste sourde à la mobilisation du monde de la justice
Lors de ses vœux à la presse, Michèle Alliot-Marie est restée sourde aux préoccupations des professionnels de la justice, exprimées par la forte mobilisation de ces derniers mois.
Persistant dans sa volonté de supprimer le juge d’instruction, la garde des Sceaux ne tient aucun compte des voix qui s’élèvent contre cette réforme et contre les risques liés à l’absence d’indépendance du Parquet.
Concernant la réforme annoncée de la justice des mineurs, Catherine LEMORTON sera particulièrement attentive au respect des principes de l’ordonnance de 1945. Elle rappelle que le pourcentage de mineurs impliqués dans des actes criminels demeure stable depuis 50 ans.
La situation dans les prisons continue d’être extrêmement préoccupante : surpopulation, nouvelle augmentation en 2009 du nombre de suicides, grève des personnels pénitentiaires…
Catherine LEMORTON dénonce à nouveau l’insuffisance de personnel médical, notamment psychiatrique, en milieu carcéral et l’inadéquation de la loi pénitentiaire au regard de l’état des prisons.
Alignant les projets de réforme sur le fond du droit et sur le fonctionnement de la justice, la Ministre s’enferme dans une logique d’activisme bien éloignée des nécessités de l’institution judiciaire et de sa paupérisation.
Catherine LEMORTON continuera à se battre pour une justice forte, indépendante et égale pour tous.
Avenir du système de retraites: orientations et méthode
La retraite par répartition, c'est-à-dire la solidarité entre les générations, est au cœur du modèle social de notre pays et constitue le socle fondamental de notre système de retraites. Nous devons le défendre et le sauvegarder.
Or, les réformes du système de retraite de 1993 et 2003 n’ont réglé ni le problème du financement, ni celui du niveau des pensions qui ne cesse de se dégrader, ni permis de prendre en compte pleinement la situation des carrières longues, la pénibilité et les différences d’espérance de vie.
Au total, notre système de retraite n’est aujourd’hui pas financé durablement et n’assure pas un niveau de vie décent au plus grand nombre des retraités. Cette situation est aggravée par le très faible taux d’emploi des plus de 50 ans, une personne sur deux étant au chômage ou en préretraite au moment de faire valoir ses droits à la retraite.
C’est pourquoi la réforme du système de retraite qui sera discutée à partir de cette année est décisive. Le Parti socialiste prendra toute sa part dans le débat sur l’avenir des retraites.
Le Parti socialiste rappelle que les organisations syndicales doivent, être au premier rang, les interlocuteurs privilégiés du gouvernement en ce qui concerne les retraites. Cela étant posé, le Parti socialiste est prêt à débattre sur cette question majeure pour notre pays. Nous pensons que si la question des retraites doit être traitée, elle ne doit pas faire oublier les actions prioritaires nécessaires sur les salaires, l’emploi et les réponses à apporter pour sortir de la crise.
Pour que le débat ait lieu dans de bonnes conditions, trois temps devraient être respectés.
Le premier est celui, à partir des travaux du COR, d’un diagnostic, qui doit être autant partagé que possible notamment avec les organisations syndicales, sur la situation des retraites en France.
Sur la base de ce diagnostic, devra s’engager un dialogue national au cours duquel chacun, partenaires sociaux, formations politiques, doit pouvoir exprimer ses propositions qui devront être discutées et négociées, en particulier avec les organisations syndicales.
Enfin, un vrai débat devra avoir lieu au Parlement, qui ne saurait être ni précipité, ni tronqué, ni mené dans l’objectif de passer en force pendant l’été comme ce fut le cas en 1993 et 2003.
L’avenir du système de retraites et les réformes nécessaires dépendront fortement de l’évolution de la démographie, de la croissance, de l’emploi et de la masse salariale. Le Parti socialiste rappelle d’ores et déjà les grandes orientations qu’il défendra et ses priorités pour la période 2012-2020 :
la sauvegarde du système par répartition, fondé sur la solidarité entre les générations, qui nécessite de répondre à des besoins de financement de 25 milliards d’euros à horizon 2020 (compte tenu de l’augmentation du nombre de retraités, de l’allongement de la durée de la vie et de la diminution du nombre de cotisants) ;
un niveau de pension permettant aux retraités de vivre correctement, alors que celles-ci ont baissé de 20% depuis la réforme Balladur et devrait baisser de 25% à nouveau dans les années à venir ; 1 million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté et 50% ont une retraite inférieure à 1000 euros ;
l’introduction de nouvelles ressources dans le système, alors que la droite n’a jamais pris d’initiative sur ce plan. Il s’agit notamment de : l’élargissement de l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée, le prélèvement de cotisations sur les stocks-options et autres rémunérations non assujetties (5 milliards d’euros de recettes possibles selon le rapport de la Cour des comptes) et l’alimentation du fonds de réserve des retraites.
le maintien de l’age légal du départ à la retraite à 60 ans, c’est à dire la possibilité de faire valoir ses droits, quel que soit le montant de sa retraite. C’est le seul droit encore attaché à l’âge légal de départ à la retraite et nous le défendrons.
nous voulons faire en sorte que les salariés qui ont occupé des emplois pénibles puissent bénéficier d’une retraite anticipée, par exemple en majorant d’un coefficient les trimestres travaillées dans ces conditions. Le traitement des emplois pénibles était un engagement de l’Etat dans l’accord signé avec certaines organisations syndicales, il doit être un préalable des nouvelles discussions.
Nous savons aussi que l’accroissement de l’espérance de vie, associée à une arrivée plus tardive sur le marché du travail, entraîne un départ réel à la retraite à 61, 62 ans…L’âge moyen de départ à la retraite est aujourd’hui en moyenne de 61,6 ans, mais nous voulons que les salariés puissent faire valoir leurs droits à la retraite dès lors qu’ils ont cotisé le nombre de trimestres requis, ce qui signifie que pourraient partir à 58 ou 59 ans par exemple des salariés qui ont commencé à travailler tôt.
des mesures vigoureuses et effectives pour le maintien dans l’emploi des plus de 50 ans : le taux d’emploi des plus de 55 ans est de 35% ; une personne sur deux est au chômage ou en préretraite au moment de faire valoir ses droits. Cela pèse sur les recettes des caisses de retraite, en raison des cotisations non perçues, autant que sur les droits des salariés concernés.
Le Parti Socialiste souhaite travailler la question des retraites dans une approche plus large : l’organisation des temps tout au long de la vie. Comment donner à chacun la possibilité de mieux organiser les temps de la vie dans le cadre de garanties collectives ? Comment faire de l’allongement de l’espérance de vie un progrès et non pas une contrainte pour la société ? Comment donner aux seniors une place active dans la société ? Comment prendre en charge la dépendance ? Autant de questions sur lesquelles nous voulons travailler tout au long de cette année, et dont nous souhaitons débattre également avec les organisations syndicales.
Le Parti Socialiste rencontrera les organisations syndicales dans les semaines qui viennent pour entendre leur analyse et leurs propositions.
A partir du diagnostic partagé dont il demande qu’il soit établit, de ses priorités, et du dialogue qu’il aura lui même engagé avec les organisations syndicales, le Parti socialiste fera connaître ses propositions. Il évaluera les propositions du Gouvernement également à l’aune de la méthode qu’il aura mis en oeuvre pour préparer la réforme et du résultat de ses négociations avec les organisations syndicales.
Fort de ces orientations et de ces objectifs, le Parti socialiste présentera ses propres propositions, après les avoir fait valider par les militants selon les modalités prévues par ses règles internes.
Catherine LEMORTON apporte son soutien à la journée de mobilisation pour la défense des services publics et de la fonction publique.
Elle condamne fermement la suppression de 34 000 postes dans la fonction publique prévue en 2010, à l’heure ou les chiffres du chômage battent des records, et dénonce une politique salariale désastreuse en termes de pouvoir d’achat.
Elle souhaite également rappeler que le premier résultat de la Revue générale des politiques publiques est une suppression massive de postes, dénoncée par le dernier rapport de la Cour des comptes, dont la principale conséquence visible pour les Français est la remise en cause du service qui leur est rendu.
Les représentants du Parti socialiste étaient donc aux côtés des infirmiers, des professeurs, des agents de police et des fonctionnaires, dont la France a besoin et qui refusent de voir la qualité et la dignité de leur travail mises en cause par des politiques néolibérales.
Propositions de la Commission de révision des lois bioéthique : les Français en avance sur leurs représentants
Le rapport de la mission parlementaire rendu public aujourd'hui par M. Jean Leonetti n'est pas à la hauteur des enjeux et des espérances suscitées par la révision de la loi bioéthique, et plus largement des évolutions de notre société.
Après un an d'auditions, de consultations multiples et d'états généraux dont le principe semblait intéressant mais la mise en œuvre extrêmement contestable, force est de constater que le résultat n’est pas satisfaisant.
Les députés socialistes qui ont participé aux travaux de la Commission ont décidé de s'abstenir lors du vote des propositions.
Les conclusions du rapporteur UMP sont, en effet, très éloignées des pratiques sociales et familiales et des demandes des Français. Les propositions formulées à l'attention du Parlement témoignent d'un conservatisme confondant en particulier en ce qui concerne l'accès à l'assistance médicale à la procréation. Les préjugés et les réticences, en particulier à l’égard de l’homoparentalité, l'ont emporté dans bien des cas sur la légitimité des projets parentaux comme sur l'intérêt de l'enfant pourtant revendiqué comme principe éthique à part entière.
De plus, la proposition de maintenir l'interdiction, assortie d’un moratoire, pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires témoigne d'un décalage avec la réalité des pratiques déjà largement encadrées. Elle risque de porter préjudice à la recherche française et in fine à tous ceux qui placent, pour eux-mêmes ou pour leurs proches, de grands espoirs dans les progrès de la recherche.
Si la vigilance et la défense de principes comme la dignité humaine, la responsabilité vis-à-vis des générations futures ou la laïcité sont des impératifs moraux, la peur ne peut pas, elle, être un principe éthique. Sous couvert de propositions « raisonnables », le gouvernement témoigne de son incapacité à prendre en compte de manière satisfaisante les progrès des sciences et des techniques et à être en phase avec les évolutions d'une société qui change.
Sondages de l’Élysée : les députés UMP font obstruction à la transparence
Encore une fois, les députés de la majorité s’en prennent aux pouvoirs du Parlement et aux droits de l’opposition.
En écartant, par le biais d’un amendement, la Présidence de la République du champ de la commission d’enquête, la majorité parlementaire s’illustre par sa volonté de faire opposition à toute forme de transparence démocratique.
Après avoir rejeté une première commission d’enquête visant les sondages commandés par l’Élysée, après avoir préempté la présidence de cette commission à l’encontre de toute la tradition parlementaire, ce nouvel épisode traduit la fébrilité et l’inquiétude de la majorité, voire de l’Élysée.
Catherine LEMORTON condamne cette nouvelle atteinte au droit du Parlement et aux droits de l’opposition et exige que la plus grande transparence soit faite sur l’utilisation des fonds publics pour des sondages d’opinion.
Vœux de Nicolas Sarkozy à la Réunion
Le Président de la République a choisi d’adresser depuis la Réunion, le 19 janvier 2009, des vœux "particuliers" à l’outremer, initiative inédite qui souligne combien dans son esprit, il s’agit de Français entièrement à part. Dont acte. Ces vœux furent des vœux pieux : droit à un statut différencié pour chaque collectivité d’outremer, soutien au développement économique, égalité des chances, apologie de la diversité sans oublier la formule de circonstance sur l’outremer décrit comme une chance pour la France. Mais, s’agissant des annonces concrètes, chacun aura pu vérifier que si 2011 était annoncée comme l’année de l’outremer, cela ne serait pas le cas de 2010. Le chef de l’Etat a tenté de gommer le ton caricatural dont il est coutumier vis-à-vis de l’outremer. Mais, comme toujours avec N. Sarkozy, le naturel revient au galop.
Catherine LEMORTON – qui depuis longtemps prône la mise en œuvre d’un autre modèle de développement pour chaque collectivité d’outremer – réaffirme son refus catégorique de voir, outremer, rebaptisé « assistanat » ce qui, dans l’Hexagone, est qualifié de solidarité. Contrairement à ce qu’a laissé entendre le Président de la République, reprenant là une vieille antienne de la droite, les Français d’outremer ne sont pas des « assistés ». Ils sont au contraire et doivent être traités comme tels, des Français à part entière ayant le même droit que tous les autres à l’égalité républicaine et à la solidarité nationale, le développement endogène qu’ils appellent de leurs vœux, ne devant en aucun cas servir d’alibi au désengagement financier de l’Etat patent depuis 2007.
Les Français d’outremer ont – dans le respect des lois de la République – un droit plein et entier – celui de tous les citoyens - au débat démocratique et à la contestation économique et sociale, sans qu’au plus haut niveau de l’Etat leur soient en permanence adressées rodomontades, provocations et menaces, sans parler de l’épouvantail du "largage" brandi à chaque occasion par un Président qui – oublieux des devoirs de sa charge - est aujourd’hui le seul à évoquer à tout bout de champ « l’indépendance » de l’outremer. Au final, les vœux "spécifiques" du chef de l’Etat semblent surtout avoir servi de prétexte à un déplacement électoral dont le caractère fort peu républicain – s’il n’est pas, il est vrai, s’agissant de N. Sarkozy, l’apanage de l’outremer – n’en demeure pas moins sans guère de précédents pour la venue sur place d’un Président de la République.