Triste anniversaire pour la loi instituant le droit au logement opposable
Le logement est cher, de jeunes adultes retournent vivre chez leurs parents faute de pouvoir en assumer la charge, des familles vivent dans des logements humides et mal isolés, des enfants souffrent de saturnisme, des hommes et des femmes vivent dans la rue, dans des foyers, dans leur voiture, dans des caravanes, d’autres attendent des années avant de pouvoir accéder au logement social faute de HLM en nombre suffisant, des personnes âgées cessent de se chauffer l’hiver parce qu’elles ne parviennent plus à payer les factures…
Tel est le visage du logement – du mal logement à dire vrai – en 2012. Cinq ans se sont écoulés depuis l’adoption de la loi instituant le droit au logement opposable (DALO). Annonce surprise d’un Président de la République sur le départ, un soir de réveillon, la loi DALO promulguée dans les derniers mois du quinquennat Chirac traîne encore, cinq ans après, son inefficacité et son impréparation. Là où une concertation avec les collectivités territoriales aurait permis de les associer à la responsabilité, l’Etat s’est voulu autoritaire et se révèle impuissant. Les communes qui ne respectent pas le seuil minimum de logements sociaux ne contribuent pas non plus au relogement des demandeurs de logements reconnus prioritaires au titre du droit au logement opposable.
Quant à l’Etat, il a déjà été condamné pour ne pas avoir fourni de logements comme la loi l’y oblige… dans le département du Président de la République sortant : les Hauts-de-Seine ! Hélas, en cas de condamnation, c’est à un fonds que l’Etat paie des pénalités financières et non à la famille lésée ! Sa situation ne s’en voit donc pas améliorée.
La priorité du Parti Socialiste est de lutter contre le logement cher pour permettre à chacun de bien se loger, sans se ruiner. Encadrement des loyers, mise à disposition gratuite de terrains de l’Etat pour y réaliser des logements sociaux, renforcement de l’article 55 de la loi Solidarité et renouvellement urbains de sorte qu’à terme un logement sur quatre soit un logement social… autant d’engagements qui permettront de tenir enfin les promesses du droit au logement opposable.
Depuis six mois l'économie française détruit des emplois
En France depuis six mois, plus d’emplois ont été détruits que créés. Pour le seul quatrième trimestre 2011, le nombre d'emplois salariés s’est réduit de 22 600 selon les chiffres publiés ce jour par l'INSEE. L’institut de la statistique a en outre révisé à la baisse ses chiffres du troisième trimestre 2011 : la France aura donc connu deux trimestres de baisse consécutifs de l’emploi, soit une perte nette de 54.100 emplois dans les 6 derniers mois. Contrairement à ce que répète le candidat sortant, sa politique ne se concrétise pas par une économie qui va mieux et qui rassure les Français, mais bien par une situation qui ne cesse de se dégrader et de les inquiéter.
La France aujourd'hui connaît une véritable récession de l’emploi. Quels que soient les chiffres de la croissance - qui restent très faibles - l’économie française se porte mal si elle n’est même pas capable de créer plus d’emplois qu’elle n’en détruit dans divers secteurs comme la construction ou encore la restauration. De très nombreux secteurs de l’économie sont en effet en recul ce trimestre, même l’intérim, qui était jusque là épargné. Cette situation fait anticiper une augmentation du chômage dans les prochains mois, le conduisant à dépasser rapidement la barre tristement symbolique des 10 %.
Présider la France en temps de crise est un défi dont le candidat sortant n’a manifestement pas été à la hauteur. Les chiffres de l'emploi en France montrent que la politique du candidat sortant n’a fait qu’aggraver la crise internationale, en infligeant aux Français une autre crise : celle de son incapacité politique. Nicolas Sarkozy est bien l'unique responsable de cette désastreuse situation : ne pas mener une politique en faveur de l'emploi, c'est prendre le risque, à terme, d'en détruire.
Alors qu'en 2007 Nicolas Sarkozy évoquait la « république réelle », « la république qui créé des emplois», la France mérite aujourd'hui plus que des discours incantatoires.
En faisant de l’emploi sa priorité, par une industrie forte basée sur l'innovation et la recherche, par un soutien sans faille aux PME et à travers une grande ambition pour la jeunesse, qui se traduira notamment par le contrat de génération, la Gauche s'engage à mener une politique plus ambitieuse et plus responsable, une politique qu’attendent les Français.
La valse des nominations continue
Nicolas Sarkozy avait promis en janvier dernier de suspendre les nominations à la tête des établissements publics jusqu'à l'élection présidentielle.
Pourtant, comme en témoignent les récents mouvements au sein de la recherche et de l'enseignement supérieur, les exceptions sont devenues la règle. Une fois de plus, Nicolas Sarkozy ne respecte pas ses engagements.
Hier, le conseil des ministres a entériné la décision de nommer Roger Genet comme directeur général pour la recherche et l’innovation alors même qu’il a été nommé Président de l’Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture) il y a moins de trois semaines. Quelle est la légitimité d'un directeur général nommé dans de telles conditions ?
De même, un nouveau directeur de l’Ecole Normale Supérieure de Paris devrait être nommé sous peu, après une procédure expéditive, le poste étant vacant à la suite de la nomination du titulaire actuel à la tête de la fondation « Paris sciences et lettres ». La communauté enseignante de l’Ecole Normale Supérieure est d’ailleurs mobilisée pour obtenir la mise en place d’un comité d’étude des candidatures.
Après un quinquennat de nominations peu transparentes et parfois scandaleuses, il est temps de mettre fin à l'arbitraire. Dans l'immédiat, le Parti Socialiste demande qu'en cette fin de mandat, le Président de la République applique, comme il s'y était engagé, un moratoire des nominations pour les postes importants. |